L'appel Du Vide - Métro

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€15,00
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L'appel Du Vide - Métro

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Vous chevauchez vers le nord-est à travers les collines de Zwickau. Les rênes en cuir vous coupent les mains gelées, tandis qu'un reflux gastro-œsophagien acide vous brûle l'estomac.
Une sueur métaphysique de gueule de bois transperce votre peau pore par pore, à travers un tatouage de cercueil délavé sur votre avant-bras. Vos pieds fatigués dans les bottes NVA de votre père agrippent les flancs d'un Appaloosa gris fumant, ou n'est-ce qu'une Simson S51 tunée ?
Peu importe, car il s'agit en fait de votre propre machine mentale, dans laquelle vous errez à travers les ruines de la connaissance de soi, suivant l'appel du vide. Vers Chemnitz - le San Francisco du petit homme.

Cependant, ce qui vous y attend ne sera pas le simple "Flowertime" de Bernd Spier, mais de l'amiante, de l'éternit et surtout les fissures qui les traversent.
C'est précisément là que les chansons du premier album de L'Appel du Vide, "Metro", défient chaque espace vide pour se condenser en un monolithe de 9 étages de Post-Punk, Death-Rock, Synth- et Darkwave, qui - une fois escaladé - permet de regarder au-delà de ces frontières de genre.
Une tour Jenga chatoyante et noire d'angoisse (est-)allemande et d'introspection sans compromis. D'une vacillation tellement plus sincère que ce qu'un Campino voudrait faire croire avec sa danse latérale étudiée au centre de la société, elle vous éloigne des fruits faciles du (post-)punkswindle épigonal.
Vers les bourgeons florissants d'une véritable passion musicale. On s'est accroché et on a persévéré, on a cherché et trié, lu les notes de pochette et surtout une chose : écouté les nombreux disques. Ouvert les tiroirs et les a laissés ouverts.

Sans chichis, sans moralisation et immunisé contre tout battage médiatique, le chanteur René se plaint d'abord à son propre cœur. La guitare scie, claque et hurle de faim et pourtant elle est rassasiée. La section rythmique grogne, cliquette et se fraie un chemin droit dans l'abîme, d'où des synthés analogiques surgissent ici et là pour reprendre leur souffle. On peut même entendre les instruments respirer, tellement le son est honnête.

Le guitariste Flatty a enregistré le groupe début 2023 au Studio Gloom, Chemnitz. Mais il n'y a pas que la Saxe et les racines souvent évoquées et moisies des laissés-pour-compte. Il y a Detroit, Frisco et Los Angeles. Manchester, New York et Portland. Et tout comme "Feel the Darkness" de Poison Idea (pour faire une référence quand même) commence, "Metro" se termine après 37 minutes de jeu - avec un piano nu.

Entre les deux : une parenté de puissance et d'attitude, mais sans métal ni pose. Juste le pouvoir et le vide. Et dans la sacoche, une vieille photo de la mer, granuleuse, noir et blanc et pourtant reflétant toutes les couleurs.

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